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Le défi du passage à l'échelle des fonctions juridiques (extrait livre blanc)

La digitalisation des fonctions juridiques est une grande affaire, mais qui peut être très mal comprise et mal mise en œuvre.


Nous assistons à une révolution: l'essor de la normalisation en tout genre et des réglementations globales de type conformité, ESG/RSE, anticorruption, etc. entraine des conséquences systémiques: tout devient juridique! Tout comportement s’analyse en termes de conformité ; toute donnée traitée est appelée à recevoir une qualification ; tout processus de l’entreprise, ses chaines de productions sont amenés à être évalués à l’aune de multiples matrices de risques, à être éclairés par des politiques ad hoc, encadrés par des règles.

L’organisation de l’entreprise, sa gouvernance, ses modèles d’affaires, ses performances financières et extra-financières, ses impacts de toutes natures, les conditions dans lesquelles les décisions se prennent, jusqu'à la prise en charge de la « diversité » de ses collaborateurs... Tout doit être qualifiable, disponible et auditable.


Et c’est là sans doute un point d’inflexion fondamental dans l’appréhension des fonctions juridiques et dans leur organisation. Sous l’influence de ces dispositions qui exigent systématiquement cartographie, évaluation, plans d’actions, transparence et auditabilité, etc. tout devient data et toute data devient « juridique ».


Cela signifie que les fonctions juridiques ne sont plus des fonctions "expertes", auxquelles on recours le moins possible. Ces fonctions deviennent des fonctions universelles qui irriguent et qui sont irriguées par toutes les dimensions de l’entreprise.

En d'autres termes, les fonctions juridiques deviennent des "commodités" appelées à être accessibles à tous, partout, tout le temps à tous les niveaux de l'organisation. Dans ce contexte, il est urgent de les "passer à l'échelle", tant en terme d'accessibilité et de collaboration que de capacité de collecte, de traitement et de rapportage des données.


C’est une thématique centrale qui fait peser sur les directions juridiques au sens large une « accomptabilité » nouvelle. dans une économie numérique où la data est devenue un actif stratégique où sa maitrise, sa gouvernance et sa vitesse de traitement sont devenus des atouts compétitifs, les fonctions juridiques 3.0 sont sources d'une donnée particulièrement précieuse qui va obliger à repenser la place de la direction juridique tant en terme de système d'information que de positionnement dans la gouvernance de l’entreprise.



Cet article est un extrait du livre blanc "Les fonctions juridiques et de conformité, face aux défis des stratégies de croissance durable" à paraître bientôt. Pour le recevoir, inscrivez vous ici